Compost spot @Paris!

Le compostage, mais à tout prendre qu’est-ce?

L’écologie vue d’un peu plus près, un engagement plus concret, une conscience qui veut se confirmer, un accent vert qu’on met sur e du mot déchet, c’est une pratique qui se répand au bouche à oreille. Composter, c’est un peu comme un poème de Cyrano, c’est rustique, mais c’est noble.

D’ailleurs, quand j’ai vu que ma résidence proposait à ses habitants de faire du compostage, j’ai eu un grand sourire béat. Ça fait partie des actions que je développe dans mon travail. Ça fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule à mettre ça en place et que tous les immeubles de France vont s’y mettre (enfin là, j’extrapole un peu, mais j’espère bien). Donc, depuis mars, on pratique le compostage.

Le composteur se trouve dans le jardin de la petite cours intérieure de la résidence. C’est une grosse boîte sans fond au contact de la terre d’où toute la faune du sol va remonter à la surface et se faire un plaisir d’ingurgiter tout ça pour en faire du compost. Une fois par semaine, on amène nos restes alimentaires, pelures de légumes, de fruits, marcs de café, sachets de thé, coquilles d’œuf, tout ce qui est déchet organique, c’est à dire minéral ou végétal qui se décompose dans le sol.

Comment faire son compost ADEME

C’est 40 kilos par an par personne de déchets en moins dans la poubelle et, dans 6 à 8 mois, on pourra récupérer notre engrais collectif fait maison, sans pesticides, pour nos plantes d’intérieur et celles de la résidence. En plus, c’est l’occasion de rencontrer nos voisins d’une manière plus conviviale qu’à 4h de matin sur un palier parce que la musique est trop forte. Et puis, ça crée une sorte de solidarité entre nous car le compostage, il faut l’avouer, ce n’est pas facile au début. Après le tri du verre, du papier et des emballages, trier ses restes alimentaires, c’est mettre un peu plus le nez dans sa poubelle.

Forcément, ça ne fait pas rêver. Ya un moment où on se demande quelle idée nous est encore passée par la tête de se contraindre à un truc de plus. Et puis, on se dit que c’est vraiment bête de payer une taxe de plus en plus chère pour le ramassage et le traitement de nos déchets, alors que 30% d’entre eux, au lieu de finir inutilement en vapeur d’eau dans un incinérateur, peuvent être traités par la nature et nous donner du bon engrais, le tout, sans consommer aucune énergie. Ce n’est pas beau ça?! Non vraiment, pourquoi se compliquer la vie? Alors oui, avec nos voisins, au début, on s’est serré les coudes pour s’empêcher d’abandonner et maintenant, c’est facile. En fait, au travers de cet imperceptible petit changement quotidien, ma façon de penser, de consommer, de cuisiner a évolué.

Et puis, ce n’est pas par hasard si le compostage est une action phare du Grenelle de l’environnement et s’il y a des projets d’envergure qui se développent un peu partout. Et oui, composter ça n’est pas possible qu’à la campagne ou dans une maison, la preuve, même la capitale s’y met. Déjà, une cinquantaine d’immeubles parisiens volontaires pratiquent le compostage. Pour voir, demandez aux jardins partagés de votre quartier, ils ont sûrement un composteur et se feront un plaisir de vous faire une petite démonstration. Et, si vous vous sentez une âme de pionnier, parlez-en à votre mairie ou au syndic de votre immeuble!

Liens connexes :

– Un composteur @Paris!

– Réduisons nos déchets sur le site de l’ADEME et du Ministère de l’écologie.

– Le guide pratique du compostage de l’ADEME (PDF).

– Le blog du maître composteur précurseur du projet à Paris: www.compostaparis.fr

– Le projet Compostri, le compostage collectif de proximité.

Crédit Images:

– Composter, c’est utile – Association Émeraude ID.

– Compost Comics

Artists : R.T. Reece, George Metzger, Larry Todd, T.P. Gasparotti,
Hector Tellez
Cover: T.P. Gasparotti
Copyright by the artists
(Kalifornien / USA)
ex libris MTP