Luzerne, I luv u

Je ne suis pas vraiment chef, plutôt cuisinière/journaliste culinaire vouée au combat pour la biodiversité dans le monde et la diversité dans nos assiettes.

Pour bien manger il faut se battre ; c’est ce que j’ai appris en vivant en Californie où le label organic est le seul garant de l’absence d’OGM, d’antibiotiques et de shots d’hormones.

Fin Janvier, l’USDA (United States Department of Agriculture) a donné l’autorisation aux fermiers américains de cultiver de la luzerne génétiquement modifiée. On se demande bien si cette décision arrange les agriculteurs ou Monsanto qui se fera une joie de leur vendre du super Round Up détruisant tout sur son passage sauf la luzerne OGM. Quelle belle invention !

Peut-on se permettre de qualifier Monsanto et ses sous-fifres du gouvernement américain de « bêtes à manger du foin OGM » ou doit-on penser quils sont simplement dun cynisme monstrueux? 5 ceux qui connaissent lentreprise savent de quoi je parle)

En France et en Europe, on est encore loin de cet état de disgrâce alimentaire mais les efforts « monsantiens » se multiplient. Wikileaks a révélé les pressions américaines en faveur des OGM faites auprès de la Commission Européenne, par le biais des diplomates en place. L’ambassadeur des Etats-Unis à Paris aurait suggéré à Washington d’accentuer la politique de représailles contre les « pays anti-OGM », ajoutant que cette idée était soutenue par les syndicats agricoles français. La FNSEA (Fédération nationale des syndicats dexploitants agricoles) se prend un coup et ne s’est pas encore prononcée sur le sujet.

A bout d’arguments pour convaincre l’Italie, Washington aurait même tenté de séduire le Vatican avec un mot d’ordre : les OGM sont « un impératif moral » ; comme quoi la moralité c’est très relatif et la leur n’est certainement pas relative à la biodiversité ou à la nocivité des pesticides ! Le Pape, qui est en général sceptique sur tout ce qui est moderne et scientifique, a déclaré en 2005 que les OGM ne servaient qu’à enrichir les multinationales en rendant dépendants des paysans des pays en développement. Pour une fois, merci Benoît !

A Bruxelles, ça papote encore et ces révélations récentes du site australien ne font qu’accentuer le remue-ménage entre les PRO et ANTI-OGM. Depuis le rapport de John Dalli, commissaire européen à la santé en charge du dossier OGM, en juillet 2010, les avis diffèrent, même si beaucoup comme Dalli espèrent le durcissement des règles sur les OGM et souhaitent renforcer la base juridique qui permettrait aux pays européens d’interdire la culture des OGM.

Les discussions devraient se poursuivre lors des conseils européens de Mars et on attend pour Février un rapport de la commission sur les conséquences socio-économiques des OGM.