Naturel brut: l’expo de l’été

Aucune excuse, j’ai bien dit aucune excuse pour passer à côté de ce beau cadeau que nous offre le WWF : le parcours artistique Naturel Brut. Alors pour une fois on ne se fie pas à notre instinct qui aurait tendance, soyons honnêtes, à se dire qu’une expo sur le thème de la biodiversité dans les parcs et jardins parisiens est aussi excitante qu’une boutique de commerce équitable de province installée en plein air (ouh! que je suis snob et méchante! mais je sais de quoi je parle, mes parents tiennent une boutique de commerce équitable en province). Anyway. Là on est plus proche d’un accrochage sauce Musée d’Art Moderne ou Palais de Tokyo que de l’expo à papa.

Bref, démonstration en règle pour vous inciter sérieusement à vous bouger pour aller voir cette expo qui vaut le détour!

1) une idée novatrice: proposer à des artistes contemporains d’exposer dans des lieux publics sur le thème de la biodiversité

2) une diversité de propositions artistiques par une vingtaine d’artistes reconnus dans le monde de l’art contemporain: Philippe Blazy, Théo Mercier, Laurent Le Deunff, Art Orienté Objet, Mu, Hugues Reip, Olivier Leroi (merci à Lauranne Germont, la commissaire d’exposition)

2) différents lieux qui multiplient vos chances de passer à côté: du Parc des Buttes-Chaumont au Jardin de Bagatelle, en faisant quelques détours par la Place de la Bourse le quartier du Marais et d’autres sites à découvrir dès septembre. En plus, vous pourrez peut-être en profiter pour poser vos majestueuses fesses sur de nouvelles pelouses!

3) presque 4 mois pour y aller (les expos durent jusqu’au 31 octobre)

4) un parcours gratuit

Bon, tout ça est factuel mais la vraie bonne raison d’aller voir ces œuvres inédites, c’est aussi de se dire quelles nous proposent un autre regard sur l’environnement et ses enjeux entre éthique, poésie, humour critique et engagement. Elles sont aussi autant d’alternatives aux discours scientifiques, politiques et marketing qui prennent toute la place quand on parle écologie, développement durable

Faire un pas de côté, changer de perspectives, cela me parait essentiel dans notre monde formaté où on n’associe à l’écologie que les images catastrophiques des médias ou celles super esthétisées désincarnées de Yann Arthus-Bertrand

Si comme moi vous pensez que les changements de société passent par des révolutions culturelles, déplacez-vous et spread the word comme disent les anglais ! (passez le message!) Cultivons-nous!

Et puis, c’est aussi l’occasion de faire un point sur la biodiversité (quand même!)

Alors qu’en 3 siècles la population et l’urbanisation ont été multipliées par 10, les scientifiques estiment que notre mode de développement actuel entraînera une perte des espèces de 50% avant la fin du siècle.
Parmi les 41 000 espèces surveillées par l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN), plus de 16 000 sont placées sur liste rouge.

1 espèce sur 4 est menacée chez les mammifères,

1 sur 8 chez les oiseaux,

1 sur 3 chez les poissons ou les amphibiens…

Si avec tout ça, vous ne trouvez pas un moment pour filer voir ce parcours et si vous avez déjà préparé une liste d’excuses pour contrecarrer mes arguments, et bien je n’aurais qu’une chose à dire: vous aurez loupé quelque chose. Et tant pis pour vous.