Sextoys: le bonus-malus écolo

Voilà une activité 100% non polluante: faire l’amour! A condition que l’on éteigne la lumière bien sûr. Sauf que nous sommes en 2010 et que les choses évoluent, les pratiques aussi. Quand on sait que 49% des anglaises possèdent un sextoy pour à peine 20% des françaises et que ce chiffre date de 2005, merci Sex and the City et le fameux Rabbit (Episode 9 de la première série, « Le lièvre et la Tortue » pour les accros), on se dit que c’est un sujet qui touche une partie de la population.

Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui pour se faire du bien tout en préservant sa santé et celle de la planète, il y a quelques précautions à prendre.

Bon, déjà il faut savoir que la plupart des sextoys contiennent des phtalates. Ces additifs incolores sont utilisés pour assouplir le PVC mais ils ne sont pas liés chimiquement au plastique et peuvent donc migrer dans l’organisme. Le problème c’est qu’ils sont considérés comme des perturbateurs endocriniens qui agissent sur la fertilité. La Commission Européenne en a interdit l’usage dans les jouets pour enfants en 2005 car ils peuvent être mâchouillés, par contre silence radio sur les sextoys. Deux ans plus tard, Greenpeace est le premier à dénoncer cet état de fait dans un rapport. Du fait de la relation très intime avec ces objets, il est donc préférable d’appliquer un principe de précaution et de se retourner vers des produits fabriqués à partir de verre, de métal, de silicone ou d’élastomères. Si vous n’êtes pas sûrs de la composition de votre sextoy, utilisez un préservatif (en latex naturel bien sûr).

Pour être sûrs de ne pas se tromper: la Rolls Royce du sextoys c’est la marque suédoise http://www.lelo.com/ qui ne proposent que des produits sans phtalates et le petit plus niveau matière: le sextoy en or à 7500€ D’autres marques comme Fun Factory, Big Teaze Toy proposent également des produits sans phtalates.

Ensuite, la source d’énergie: joujou à piles versus rechargeables. On applaudit l’initiative du Passage du Désir qui vient de mettre en place une opération Bonus-Malus écologique sur les sextoys tout en soulignant non sans humour que l’industrie du sexe est en avance sur celui de l’automobile.

Comment ça marche ? Pour l’achat d’un sextoy rechargeable vous bénéficierez d’un avoir de 10€ et alors qu’un 1€ de malus sera appliqué pour les sextoys à piles. La recette de cette opération sera entièrement reversée à l’association Cœur de Forêt (www.coeurdeforet.com). Cette association a pour objectif le développement durable des forêts primaires – entre autres replantage des zones déforestées et préservation des droits des populations locales. En plus d’être une alternative plus verte et économique que les sex toys à piles: un sex toy rechargeable est plus silencieux et durera plus longtemps. Go Green!

Les irlandais d’Earth Angel, ont trouvé une solution encore moins polluante: la bonne vieille huile de coude. Ils ont créé le sextoy qui se remonte à l’aide d’une manivelle! 4 minutes d’effort pour 30 minutes de vibrations! Le tout avec matériaux et packaging 100% recyclables.

Une vidéo de l’AFP où on découvre Monsieur et Madame OConnor qui nous parlent de leur invention: ici.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et un jour votre sextoy préféré rend l’âme. Que faire de votre ex-jouet pour adultes? Le recycler bien sûr ! Comme tous petits appareils électroménagers, c’est la poubelle jaune. Bravo au gouvernement danois pour cette pub d’intérêt public! A quand une version française ?

Niveau discrétion la poubelle commune c’est pas toujours évident, alors le site anglais lovehoney.co.uk a mis en place un système de récup de votre vieux Rabbit. Envoyés par la poste, les vibro sont recyclés comme tout appareil. Ils en ont déjà récupéré 2 tonnes! Attention, ils ne récupèrent que les Rabbit made in UK, ça ne sert donc à rien de vouloir faire franchir la Manche au votre.

Après cette petite mise au point et si vous voulez en savoir plus sur le sexe écolo en général: Osez le sexe écolo, Marc Dannam, édition La Musardine.