The future states of America

On dit toujours que pour savoir ce qu’il va se passer chez nous dans 5 ans il faut regarder ce qu’il se passe aujourd’hui aux États Unis. Alors avec cette série de onze court-métrages qui propose de réfléchir au futur de l’Amérique, on va prendre une sacrée avance.

Independent Television Service (ITVS) a demandé à des réalisateurs, confirmés ou émergents, de raconter l’Amérique de demain. L’idée est d’explorer les scénarios possibles de l’avenir à travers le prisme des réalités mondiales actuelles. Le résultat? Un site Futurestates.tv présentant 11 courts métrages originaux, d’une vingtaine de minutes, qui montrent les dangers, les peurs, les espoirs et les possibilités de ce monde de demain.

Dans les thèmes abordés on retrouve celui du changement climatique, de l’environnement, de l’immigration, de l’exploitation des pauvres et autres problèmes environnementaux et sociaux.

Je vous invite vivement à prendre 18mn de votre temps pour regarder le court-métrage Plastic Bag du réalisateur américain d’origine iranienne Ramin Bahrani présenté à la Mostra de Venise fin 2009.

Une des particularités de ce film c’est que Werner Herzog himself prête sa voix aux questionnements existentiels d’un sac plastique (!). Oui, oui vous avez bien lu: Werner Herzog, le réalisateur allemand de Nosferatu qui avait fait de Klaus Kinski son acteur fétiche et qui vient de sortir Bad Lieutenant: Escale à la Nouvelle Orléans avec Nicolas Cage.

Et ne vous inquiétez pas, je me suis arrêtée sur Werner Herzog mais le synopsis du film n’est pas mal non plus dans le genre inattendu. Comme je le disais, le personnage principal du film n’est autre qu’un sac plastique plutôt commun, à la différence qu’il part à la recherche de son «créateur». Sur son chemin, il se questionne sur le sens de sa propre immortalité.

En plus de l’inimitable voix de Herzog, la bande son a été réalisé par Kjartan Sveinsson, un des membres de l’excellent groupe islandais Sigùr Ros.

Bahrani, quant à lui, s’est fait connaître sur le circuit du cinéma indépendant avec des films qui se distinguent par leur style naturaliste, aux confins du documentaire, comme Man Push Cart (2005), Chop Shop (2007) ou Goodbye Solo (2008). Roger Ebert, la star des critiques de ciné us, a dit de lui qu’il était le nouveau grand cinéaste américain. Rien que ça.

Si avec tout ça, je n’ai pas attisé votre curiosité, je ne comprends plus rien. Et si toutes ces références ne vous disent rien, on s’en fout, lancez-vous quand même! Vous allez assister à un vrai moment de cinéma et de poésie. Une superbe réalisation, une vraie photo, une ambiance sonore, un univers.

Après ça, si vous utilisez encore des sacs plastiques, vous ne les regarderez plus de la même façon.

Il faut quand même préciser que ce vortex existe et qu’il fait référence au Great Pacific Garbage Patch. Kesako ? Il s’agit d’une zone relativement calme de l’Océan Pacifique, vers laquelle le mouvement de rotation du vortex amène les déchets flottants. Ces déchets s’accumulent en bancs. Jusqu’à une époque récente, ces débris de nature organique subissaient une biodégradation. Les activités humaines y amènent désormais des débris en matières non biodégradables, comme des polymères et des débris de bateaux. Les matériaux plastiques y sont photo dégradés en pièces et particules de plus en plus petits, mais les molécules individuelles ne sont que très lentement métabolisées par les êtres vivants. La photo dégradation des matériaux plastiques conduit à la production de déchets polluants, nocifs au milieu marin. Étant donné que la mer de déchets est translucide et se situe juste sous la surface de l’eau, elle n’est pas détectable sur les photographies prises par des satellites. Elle est seulement visible du pont des bateaux.

Les plastiques ont une durée de vie moyenne qui dépasse les 500 ans. Au fil du temps, ils se désagrègent sans que leur structure moléculaire change d’un iota. C’est ainsi qu’apparaissent des quantités colossales d’une sorte de sable de plastique qui, pour les animaux, a toutes les apparences de la nourriture. Ces plastiques, impossibles à digérer et difficiles à éliminer, s’accumulent ainsi dans les estomacs des poissons, méduses et des oiseaux marins. Par ailleurs, ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines dans des proportions plusieurs millions de fois supérieures à la normale, comme le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane, un pesticide) ou les PCB (polychlorobiphényles), des produits extrêmement toxiques. Les effets en cascade peuvent s’étendre via la chaîne alimentaire et toucher l’homme. Greenpeace estime qu’à l’échelle de la Terre, environ 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l’ingestion de plastiques. Au total, plus de 267 espèces marines seraient affectées par cet amas colossal de déchets. (Infos Wikipédia)